Henri Le Sidaner
Emily Carr

La nouvelle exposition du musée d’Orsay intitulée le paysage mystique propose de revisiter, entre autres, deux mouvements relativement peu connus de l’histoire de l’art, l’école de Pont-Aven et le groupe de 7. C’est donc une occasion unique d’observer une partie de l’histoire de l’art Canadien peu souvent exposé en France.

L’exposition commence par 8 tableaux de Claude Monet et un superbe Van Gogh, ce sont objectivement les plus beaux tableaux de toute l’expo. Je comprends l’idée de faire l’exposition de façon chronologique ce qui est bien plus pédagogique pour le visiteur, cependant pour l’amateur de peinture, il est toujours dommage de commencer par les plus grands peintres pour finir par les plus anonymes de tel sorte que notre intérêt baisse au fur et à mesure de la visite. De plus si les qualités d’un peintre comme Maurice Denis restent visibles, la technique nous apparait bien pauvre voir amateur suite aux toiles de Monet avec lequel il ne supporte pas la comparaison.

L’école de Pont-Aven

Elle occupe deux grandes salles dans lesquelles on retrouve quelques toiles de Paul Gauguin mais aussi de peintres moins renommés tels que Henry Le Sidaner ou encore le susmentionné Maurice Denis. Néanmoins Paul Gauguin semble être le seul à réussir le tour de force de combiner la modernité et la fraicheur du mouvement avec une technicité riche qui lui permet de rendre les volumes et les détails de manière a produire la peinture très séduisante que nous lui connaissons. 

Le groupe des 7

Ce mouvement Canadien nous est présenté à la suite de l’école de Pont-Aven, ce qui est intéressant puisqu’il correspond en quelque sorte à la suite logique de cette dernière. En effet, depuis le Romantisme, la peinture a évoluée dans un sens continu vers un appauvrissement de la technique au profit d’une exaltation du rendu. Nous y trouvons donc une peinture plus minimaliste qui se rapproche par certains de ces cotés du graphisme (d’ailleurs Lawren Harris excepté, tous les membres du groupe ont la double casquette graphiste-peintre). Quelques toiles d’Emily Carr et les toiles de Tom Thomson sont de loin les plus intéressantes.

A noter que nous retrouvons cinq toiles de Charles-Marie Dulac, un peintre prometteur injustement oublié de l’histoire de l’art car mort prématurément alors âgé de 32 ans. Ces peintures se trouvent entre celles du groupe des 7 et les dernières salles (inintéressantes, je ne m’attarderais pas dessus).

Nous sortons de l’exposition un peu désemparé par la diversité des toiles proposées autant sur le fond que sur la forme. D’un Monet frôlant la perfection sur les deux plans jusqu’aux calamités des dernières salles, l’éventail est large et les choix semblent douteux voir incompréhensibles pour certains. On peut regretter que les organisateurs ne se soit pas bornés à comparer deux époques analogues de l’histoire en nous évitant tout le gloubi boulga abstralo-conceptuel qui vient se poser comme un cheveux sur la soupe de fin d’exposition.

Exposition du 14 mars au 25 juin 2017
Musée d’Orsay
1 rue de la Légion d’Honneur
75007 Paris

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