Modernités Suisses à Orsay

Le musée d’Orsay réalise une exposition toute trouvée pour parler de la notion de modernité dans l’art !

La modernité est recherchée par tout artiste, Nicolas Poussin disait déjà en son temps : « La nouveauté dans la peinture ne consiste pas dans un sujet encore non vu, mais dans la bonne et nouvelle disposition et expression, et ainsi de commun et de vieux, le sujet devient singulier et neuf. ». Belle définition certes, qui en dit long sur son auteur et qui en explique sa peinture mais qui reste loin d’être partagé par tout un chacun. La modernité est un concept fuyant, changeant, perçu et interprétée de manière individuelle en fonction des âges et des lieux.
Poussin était-il perçu comme moderne en son temps ? Le désirait il ? Possible. Toujours est-il qu’il est vite devenu un des fers de lance du mouvement classique, antagoniste de la modernité par nature. Cette histoire banale se répète en permanence, ainsi en est-il de même pour Raphaël ; Titien ; Velasquez ; Vermeer ; David ; Ingres… Bref, la quasi-totalité des « grands ». Et pourtant, quelque chose persiste chez ces peintres, quelque chose de frais, d’agréable, on serait presque tenté de dire « de moderne ». Alors si le moderne est ce qui traverse le temps, C’est à n’y rien comprendre. Le moderne est supposé marquer une temporalité, lorsque l’on dit qu’une œuvre est moderne, c’est qu’elle nous surprend de par une tournure nouvelle. La nouveauté est très liée avec la modernité. Synonyme parfois !
Il nous faut alors distinguer ce qui est moderne de ce qui est intemporel. Les Vénus de Praxitèles sont-elles modernes ? Non. Michel-Ange l’est-il ? Non. Rodin l’est-il ? Non plus. Mais tous l’ont été, enfin peut-être. C’est sans compter que dès fois, pour être moderne, il faut être classique. Certaines grandes révolutions artistiques sont passées par des retours aux sources. Jacques-Louis David par le retour à l’Antique, Édouard Manet par Velasquez, Balthus par Piero Della Fransceca…
Finalement, serait il possible que la modernité se prête assez mal à l’histoire de l’art ? Toute bonne œuvre est à la fois classique et moderne, ainsi cette défense de Courbet : « J’ai étudié, en dehors de tout système et de tout parti pris, l’art des anciens et l’art des modernes. Je n’ai pas plus voulu imiter les uns que copier les autres. J’ai voulu tout simplement puiser dans l’entière connaissance de la tradition le sentiment raisonné et indépendant de ma propre individualité ».
Ou alors il y a deux modernités : D’un côté, la modernité qui reste moderne à travers les âges et de l’autre, celle qui se ringardise avec le temps, quitte à parfois revenir à la page le temps d’une éclaircie.
Autrement dit la bonne et la mauvaise.
Et cette exposition alors ? Eh bien c’est moderne, en effet.
Cependant si vous voulez voir de beaux tableaux, il y a des Degas et des Manets à l’étage du dessous.

 

Musée d’Orsay
1 Rue de la Légion d’Honneur, 75007 Paris
Du 2 mars au 27 juin 2021

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