Staël en Provence
Les nombreux « ponts » de mai m’ont permis un séjour dans le sud et notamment la visite de l’exposition de Nicolas de Staël à Aix-en-Provence à l’Hôtel de Caumont.



Sur un pied d’estale
D’abord, j’ai été agréablement surpris par le lieu. L’Hôtel de Caumont est un joli hôtel particulier en plein cœur d’Aix entouré d’imposants murs aux couleurs locales : ton pierre et ocre. A l’intérieur de l’enceinte, une belle cour pavé, une grande terrasse et un jardin magnifiquement entretenu où il fait bon prendre son temps. Je recommande le salon de thé qui donne sur le jardin.
Parlons de l’exposition. Amateur des peintures de Nicolas de Staël, j’ai pris un grand plaisir à me balader dans les petites salles de l’exposition sur 2 niveaux qui présentaient son œuvre durant son séjour en Provence et ses voyages en Sicile de 1953 à 1954. Son style facilement reconnaissable – au couteau par couches et aplats – est déjà bien en place sachant qu’il décédera un an plus tard.
J’adore ces successions de couleurs juxtaposées qui viennent créer des paysages. Les aplats, façon fat design, apportent une sobriété qui me touche. Mais il ne faut pas se fier à la simplicité apparente. En regardant les tableaux de plus près, on constate que l’artiste a cherché la teinte souhaitée à travers différentes couches en obtenant un tableau avec un léger relief.
Évidement, les huiles oranges-rouges-jaunes-ocres font lois et viennent habiller les murs de l’Hôtel de Caumont laissés blancs pour l’occasion. Tout ce que j’aime.
Je suis un peu moins enthousiaste devant les tableaux avec plus de matière. Un aspect granuleux – voire sableux – qui trame les couleurs. Beaucoup moins franc et donc moins fort visuellement. Je préfère m’attarder sur les traînés dans les aplats – encore eux – qui sont la conséquence de la pression exercée sur le couteau qui fait vibrer les aplats.
Nicolas de Staël en Provence
caumont-centredart.com
