Toutankhamon à la fête

Après la classe et la sobriété de l’exposition de Jacquemart-André (racontée ici-même il y a quelques jours), nous passons à la Halle de la Villette où se trouve la tant-médiatisée exposition Toutankhamon ! Déjà, au vu de l’affiche on pouvait se douter de ce que l’on allait trouver au cœur de ce spectacle, le graphisme en dit long sur la qualité intrinsèque de ce qu’il habille… Deux choses seulement : la typographie de «  Toutankhamon » en ballons gonflables dorés façon Jeff Koons et les deux piliers en gris typographiques qui entourent la statuette du pharaon (avec des phrases comme : «  L’exposition LA PLUS spectaculaire JAMAIS organisée sur le pharaon ») tout ça annonce une pondération exemplaire.

Je fais silence sur les critiques courantes entendues ci et là sur l’exposition, évidemment il y a du monde, on fait la queue, on tire la langue et on grogne un peu mais il fallait s’en douter, cependant les organisateurs ont tout de même évité le fiasco total, l’exposition sur Vermeer au Louvre est encore marquée dans les esprits.  Le fait qu’il n’y ai pas toutes les pièces et notamment le fameux masque n’est pour ma part pas réellement dérangeant, d’une certaine manière l’exposition coupe l’arbre pour dévoiler une forêt qui n’a rien à lui envier.

 

Car la qualité de cette exposition est là, les pièces sont belles ! D’une vrai beauté, qui nous vient d’un autre monde et qui nous transporte.

 

Seulement pour faire le voyage, il faut réussir a se couper du reste.

 

Le reste, c’est toute l’exposition. Elle vous colle à la peau, avec sa musique faussement orientale (ils auraient pu mettre des chants Hourrites, on se serait rapproché) qui tourne en boucle, avec ses éclairages bien trop contrastés qui vous allument les yeux en passant de la sur-exposition à l’obscurité (ça vous permet de vous faire marcher sur les pieds et réciproquement). C’est aussi les films « Bollywood » avec une 3D des années 90′ que l’on vous dispose sous les yeux de temps en temps pour vous immerger dans la tombe du pharaon ainsi qu’une voix off qui vous suit d’une façon sépulcrale pour vous donner des informations inutiles. Tout ça pour déboucher sur une boutique remplie de babioles d’un goût douteux dans laquelle vous retrouverez tous les attrapes-touristes dignes des vendeurs à la sauvette du parvis du Louvre.

 

Pour résumer « Toutankhamon » aurait pu être une belle exposition si elle n’était pas organisée dans une fête foraine !

 

Je ne vous dis pas comment y aller, vous perdriez votre temps…